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consultation/formation

J'offre des services de consultation et de formation individuels ou en groupe pour ceux qui désirent acquérir plus d'autonomie dans leurs productions. Vous apprendrez une méthodologie efficace et des petits trucs qui vont rehausser instantanément la qualité sonore de votre musique. Je peux me déplacer et vous accompagner dans votre mixage directement sur votre lieu de travail.

Voici certaines connaissances que je peux vous aider à perfectionner :

- Comprendre les bases de l'acoustique, de la psychoacoustique et de l'audionumérique.
- Comprendre les principaux paramètres des modules d'effets (EQ, Compression, Reverb, Saturation, etc)
- Préparer et mixer les pistes de batterie
- Nettoyer et mixer les pistes de voix
- Établir et concrétiser sa vision artistique.
- Faire soi-même un mix organisé et cohérent, prêt à l'étape du mastering
- Comprendre le rôle du technicien de mastering

J'ai publié le manuel "Mixer son propre album" qui accompagne mes formations. Vous pouvez le télécharger gratuitement ici.

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lundi 9 novembre 2015

Aide mémoire : étapes pour le mixage d'une chanson.




Dans cet article j'aimerais vous partager la liste de vérifications / aide-mémoire que je me suis monté.  Même si ça fait bientôt 10 ans que je pratique mon métier il m'arrive d'oublier de songer à des étapes pourtant élémentaires.  Cette liste est un "work in progress", elle est donc appelée à s'améliorer avec le temps.  À noter que l'article ne concerne en aucun moment des décisions créatives car celles-ci s'appliquent au cas par cas, selon la chanson à mixer.

Je commenterai à chaque point pour vous expliquer plus en détail.



---

Calculer les temps de réverbération

Vous connaissez le tempo de la chanson à mixer.  Vous pouvez tout de suite calculer les temps de réverbération idéaux.  En quoi est-ce utile?  Imaginez qu'il y a 2 coups de "snare" par mesure.  Idéalement vous ne voulez pas que la fin de la réverbération du dernier coup vienne en conflit avec le début de la réverbération du prochain.  La durée de la queue de réverbération devrait donc être d'au maximum 2 temps.  Généralement je fixe le temps de réverbération à un seul temps, mais tout dépend de l'esthétique de la pièce.  

Je vous suggère également de déterminer le temps de prédélais en relation avec le tempo de la pièce.  Normalement, je fixe le temps de pré-délais à la quadruple croche.  Ça donne un petit "groove" magique.  

Vous pouvez aussi éviter de vous poser des questions et calculer comme suit en me faisant pleinement confiance! 

Temps de prédélais = 3750 / BPM
Queue de réverbération (1 temps) = (60 000 / BPM)  - Temps de prédélais

La musique ce n'est pas seulement mathématique, mais ça l'est quand même beaucoup.  Ces calculs sont un point de départ.  Après libre à vous de créer ce que vous avez en tête à partir de là.


Trouver la fréquence fondamentale / gamme

Ça peut être pratique pour travailler l'égalisation dans les basses fréquences.  Du moment que vous avez trouvé la note fondamentale de la pièce, trouvez les fréquences correspondantes.  Ça peut vous aider pour les tâches d'égalisation très précises dans les extrêmes basses fréquences.  


Sélection des sources, choix des microphones

Ce n'est pas parce qu'une piste est dans le projet qu'elle est nécessairement utile.  La plupart du temps je mix des projets que je n'ai pas enregistré.  Si une guitare est enregistrée à 4 microphones, il se peut très bien que j'en choisisse seulement un par soucis de définition.  Même chose avec la batterie.  On peut songer à éliminer des sources.  Il y a moins de possibilités de confusion ou de reproduire des problèmes acoustiques qui auraient pu être captés lors de l'enregistrement.  Moins de conflit potentiel au niveau des phases.

Aussi, à noter que ce n'est pas parce que le microphone est plus cher que je vais préférer cette source sur un bon vieux SM57.  C'est aussi ça l'avantage de faire mixer par un spécialiste qui n'était pas impliqué lors de l'enregistrement.  Cela évite d'avoir des préjugés lors de certains choix à faire au mixage. 


Balance des gains si trop fort ou trop faibles (trim)

Rétablir le niveau des pistes individuelles par le "trim" ou directement sur la région. (Pas par le "fader").  Cela est nécessaire pour développer une structure de gain intelligente.  Exemple : si une piste est enregistrée trop forte à la limite du clipping, mais que son importance relative dans le mix est moindre, il est important de la baisser à la source.  De plus, cela vous évite de surcharger les plugins que vous allez ajouter ET de travailler avec des "fader" complètement en bas.  L'idée vaut aussi pour les sons enregistrés trop faiblement.  S'il n'y a pas assez de gain parfois le "treshold" de votre compresseur n'arrivera pas à capter le signal.  


Nettoyage des pistes avec égalisateur (passe haut, passe-bas, notch)

Il s'agit de réparer quelques petites erreurs d'enregistrement.  De nettoyer le contenu harmonique des instruments.  Enlever les résonances et scintillement dans les guitares par exemple.  Couper les basses fréquences qui utilisent de l'énergie inutilement.  


Vérifier les phases entre les sources qui ont une corrélation (plusieurs microphones sur une même source)

Dès qu'un même instrument issu d'une même performance est enregistré avec plus d'un seul microphone, on dit que ces deux sources sont en corrélation.  C'est-à-dire qu'elle partage une bonne partie de leur information harmonique et dynamique.  C'est à ce moment-là que vous risquez d'avoir des problèmes de phase si la prise de son n'a pas été bien effectuée.  Heureusement vous pouvez partiellement corriger ça au mix, soit en déplaçant physiquement la piste de quelques millisecondes vers la gauche ou vers la droite.  Il se peut également que votre polarité soit inversée.  Il y a moyen d'inverser la polarité (180 degrés) directement dans votre logiciel ou à l'aide d'un plugin.  Il existe aussi des plugins qui permettent de modifier la phase soit manuellement ou automatiquement.  


Simulation de bande analogique sur les pistes individuelles s'il y a lieu

Quand un enregistrement est 100% numérique, on peut accélérer le processus de mixage en insérant des simulations de bande analogiques sur les pistes individuelles au premier point d'insertion ou après un EQ correctif si la prise de son était terrible.  C'est un moyen rapide de régulariser les micro-dynamique (moins besoin de compression) et de bonifier le contenu harmonique (moins besoin d'EQ).


Balances volume en mono, structure de gain pour un master au niveau de référence fixé (K20 - K14 - 0 vu = -20) au choix.

J'aime bien faire mon "rough mix" dans un petit haut-parleur mono, je crée mes balances de volume avant même de faire des panning.  À vrai dire j'aime bien attendre assez longtemps avant d'effectuer des panning. 

Le rough mix est l'étape la plus déterminante pour un mix.  C'est à ce moment que vous fixez le niveau sonore des instruments relativement aux autres.  Prenez le temps de bien le faire c'est un peu comme la structure de votre maison! 

Très important, assurez-vous de préserver un espace dynamique assez large pour la suite.  Si tout est trop fort dès le début vous allez assurément "clipper" au master.  Idéalement référez vous à un Vu mètre ou autre outil d'analyse.  Si vous n'avez pas accès à de tel outils, assurez-vous au moins que les peak vont au maximum vers -10 dBFS.  À la fin du mixage vous devriez peaker entre -3 et -6.  Le technicien de mastering vous remerciera.  

À ce moment-ci je vous suggère d'exporter une version de votre "rough mix" et de l'insérer dans la session pour consultation ultérieure.  Vous pourrez vous y référer afin de vérifier si vous êtes en train de vous perdre ou si vous êtes en train de créer un petit bijou.


Effets sur le master

Compression sur le master ou simulation de bande analogique.  C'est facultatif.  J'ai longtemps travaillé sans compresseur sur le master.  J'ai commencé à utiliser un compresseur depuis quelques mois et j'aime ce que ça peut donner au final.

J'utilise généralement la simulation de bande analogique Ampex par Universal audio sur le master.  J'ai tout de suite un rendu qui sonne plus "album".  Ce qu'on pourrait identifier comme de la colle entre les pistes.  Encore là ça évite de mettre trop d'effets pour la suite.


Choisir les textures de reverb


Vous pouvez choisir deux ou trois textures de reverb qui vont créer un contexte à la chanson.  Si vous mixez un enregistrement semi-live où tout le monde joue dans la même pièce vous n'aurez dans doute pas besoin de reverb artificiel.  Mais pour une production moderne typique où tout est enregistré dans des espaces séparés je vous invite fortement à choisir un ou 2 reverb commun à tout le monde.  Cela doit être très subtil.  Mais vous situerez tous les instruments dans un même contexte acoustique.


Pour choisir les reverb, j'aime bien utiliser la piste de "snare" en solo.  Ça me donne une impulsion courte, claire et nette qui va générer une réverbération évidente.  Fiez-vous aux temps calculés au point 1 pour que le temps de réverbération soit en cohérence avec les mathématiques de la chanson.

  
EQ créatifs, Compression, Panning 

C'est le moment de faire tout ça.  N'oubliez jamais de prendre des pauses régulièrement ou de faire du A/B avec des références ou un rough mix.


Parallèle bussing


La bonne vieille compression parallèle (New York Compression).  Vous pouvez songer vous créer une piste méga compressée pour accueillir les pistes qui auront besoin d'un peu d'agressivité.  Faites une petite recherche sur le sujet si vous ne connaissez pas ou que vous désirez approfondir.



EQ et compression des retours de reverb
Saturation ou texture de reverb


Ça peut arriver que vous ayez besoin de faire ça...  c'est un choix artistique.  Mais sachez que de passer un filtre passe haut sur un retour de reverb est rarement une mauvaise idée.  Placer un De-esser sur une piste de retour de reverb, avant le point d'insertion du reverb est aussi une chic idée dans le cas d'un reveb utilisé pour la voix.  Ainsi vous éviterez les "chhhhhhh" et "ssssss" qui s'évaporent dégueulassement dans le reverb.



Automatisation


Un mix sans automatisation est probablement un mix mort.  J'exagère, mais à peine.  Si les arrangements de la chanson sont bien construits, vous n'aurez pratiquement pas d'automatisation à faire.  Mais des fois vous allez avoir devant vous quelque chose d'inanimé.  En tant que mixeur vous êtes le dernier maillon qui peut injecter un peu de vie dans une chanson un peu ennuyante.  L'automatisation est votre outil de choix.    



Écouter, prendre des pauses, écouter, prendre des pauses... 
Comparez avec des références (à niveau égal et en ayant bien conscience que vous comparez avec une production ayant passé au mastering).  C'est important de savoir où se situe votre chanson par rapport à ce qui se produit dans le monde réel.  Surtout dans le contexte de la musique populaire.

Essayez de mettre un limiter sur le master et faites le travailler un bon 4 à 6 dB pour voir.  Ça peut donner une idée de comment ça va sonner éventuellement.  Car tôt ou tard il y aura un limiteur sur la pièce.  Essayez de travailler sans le limiteur autant que possible, et de ne vous en servir seulement pour fins de tests.

J'oublie sans doute plein de points, mais c'est un bon départ pour ma liste, aide-mémoire "work in progress".  Si vous avez des questions, ajouts ou commentaires n'hésitez surtout pas.  C'est le fun d'avoir l'impression d'écrire pour des êtres humains qui lisent pour vrai!  :)


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2 commentaires:

Gaël Beauchamp a dit…

Bonjour Jean-Philippe
C’est toujours bon d’avoir un aide mémoire, ça permet de mieux se structurer et de rationnaliser. C’est facile de butiner à gauche et à droite dans son mix et encore plus lorsqu’il s’agit d’un projet perso!

Une question concernant le paragraphe des Balance des gains si trop fort ou trop faibles (trim). Tu suggères quoi comme db de gain idéal pour avoir un équilibre entre les problèmes de surcharge et la puissance nécessaire pour bien faire fonctionner ses plugins ? Je sais que pour la prise de son, plusieurs professionnels s’entendent pour dire que de manière générale -18 db est idéale pour les convertisseurs, mais qu’en est t’il pour le mix ?

Villemure a dit…

Salut Gaël.

pour les trim -18 dBFS est effectivement un bon point de départ. Pour ma part, je ne vire pas fou avec ça. je baisse les pistes qui sont enregistrées trop fort pour avec quelque chose de décent + je monte les faibles.

Aussi, avant de commencer le rough mix je descend tous les fades à mi-chemin ce qui devrait faire moduler le master autour de 0vu = -20 dBFS. Ça m'assure d'avoir du headroom pour la suite.

JP

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