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consultation/formation

J'offre des services de consultation et de formation individuels ou en groupe pour ceux qui désirent acquérir plus d'autonomie dans leurs productions. Vous apprendrez une méthodologie efficace et des petits trucs qui vont rehausser instantanément la qualité sonore de votre musique. Je peux me déplacer et vous accompagner dans votre mixage directement sur votre lieu de travail.

Voici certaines connaissances que je peux vous aider à perfectionner :

- Comprendre les bases de l'acoustique, de la psychoacoustique et de l'audionumérique.
- Comprendre les principaux paramètres des modules d'effets (EQ, Compression, Reverb, Saturation, etc)
- Préparer et mixer les pistes de batterie
- Nettoyer et mixer les pistes de voix
- Établir et concrétiser sa vision artistique.
- Faire soi-même un mix organisé et cohérent, prêt à l'étape du mastering
- Comprendre le rôle du technicien de mastering

J'ai publié le manuel "Mixer son propre album" qui accompagne mes formations. Vous pouvez le télécharger gratuitement ici.

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jeudi 6 octobre 2016

Les « tones », les « mids » ou comment faire sortir la musique des haut-parleurs comme si une vague de 12 pieds te frappait en plein dans le front.




La musique enregistrée est une simulation. Notre médium pour exprimer notre création en tant que techniciens/magiciens/artistes du son, reste limité. Nous avons comme plate-forme deux vulgaires haut-parleurs et encore, on ne sait pas trop sous quelles conditions d'écoute notre travail va aboutir. Un petit haut-parleur de iPhone? Ouch! Mais cette simulation que l'on crée doit à tout prix transcender le médium et c'est notre travail d'y arriver coûte que coûte. Malgré ces limites techniques, on doit arriver à faire vibrer l'auditeur à l'autre bout, sinon on ne sert à rien dans la chaîne de création, notre valeur ajoutée en tant que professionnel est nulle.


C'est pourquoi on doit réfléchir pour arriver à repousser constamment les limites de ce que peuvent reproduire deux haut-parleurs (stéréophonie). La meilleure stratégie à employer pour présenter un mix qui sonne vivant et équilibré sur tous les systèmes, c'est de faire un travail méticuleux dans les fréquences médianes - les mids. C'est dans les mids que l'essentiel du message se trouve et c'est votre garantie que votre mix sonnera convenablement partout. Rappelez-vous bien qu'un petit radio de cuisine reproduit difficilement les fréquences sous les 200 Hz et en haut de 8000 Hz.

Gamme de fréquences et leurs fonctions

Un petit rappel avant d'aller dans le vif du sujet. Pour faire ça simple, je couperais ça en 5 gammes de fréquences principales selon leur qualité esthétique et leur rôle à jouer dans un mix. Vous devez comprendre qu'il y a un côté subjectif à ce découpage, il n'y a pas de frontière définie physiquement ou biologiquement par nos oreilles et notre cerveau.


Les extrêmes basses (20 Hz à 100 Hz) – Énergie brute, beaucoup de poids, lourdeur. Continent essentiellement des fréquences fondamentales des instruments rythmiques qui composent la fondation d'un mix. Si mal géré, votre mix sera mou et l'ensemble du contenu harmonique sera masqué par ces fréquences. C'est le registre le plus difficile à dompter parce qu'énorme interaction avec l'acoustique de votre salle.

Les Low Mids (100 à 700) – La bonne vielle chaleur que tout le monde aime. Contient une certaine quantité de fréquences fondamentales, mais aussi les premières et deuxièmes harmoniques pour certains instruments. Pensez au son de votre voix quand vous mettez une main devant votre bouche, genre.

Les Mids du milieu (700 à 3000) – Contient essentiellement des harmoniques supérieures. L'essentiel de l'information vocale ou musicale peut être transporté dans ce registre. C'est là que notre oreille est la plus sensible. Fréquences nasillardes (téléphone ou petit radio)

Les Hi-Mids (3000 à 6000) – Contient seulement des harmoniques supérieures. Clarté, peut devenir agressant si on en abuse, et c'est malheureusement souvent le cas. On entend souvent une congestion dans ce registre.

Les Hautes (6000 à 20 000) – Cristallin, de l'air. Sentiment d'ouverture. On pourrait s'en passer et le message serait tout aussi pertinent, mais ça donne l'impression de vernis autour de l’œuvre.


Les « tones »

Qu'est-ce qu'un « tone »? Ça pourrait être traduit par « timbre sonore ». Mais dans le langage du métier, c'est ce qu'on décrirait plutôt comme un « timbre sonore riche, coloré et excitant ».  Ces sons riches vont transcender même les plus moches des haut-parleurs!  En fait, c'est pas mal exactement ce qu'on recherche lors d'une prise de son en studio. Plus on va relever les « tones » sur chaque instrument, plus la production va être riche à l'écoute, car vous aurez créé une mosaïque complexe. Je vous en parle parce que ça se passe dans les « mids » là où se trouvent les harmoniques supérieures qui donnent l'identité d'un son. 

Maintenant, qu'est-ce qu'un beau tone, qu'est-ce qu'un mauvais tone? C'est une considération subjective et ça relève de la prise de décision artistique (ou du hasard, ça c'est l'fun). C'est avec l'expérience et en habituant vos oreilles à l'esthétique sonore, en étant attentif à votre environnement sonore, que vous allez devenir un bon pêcheur de « tones ». Bon, évidemment, dans le meilleur des mondes, vous avez des musiciens de feu avec des instruments plein de caractère, avec des micros remplis de personnalité, dans une pièce qui résonne comme du monde. Mais si on n'a pas capté cette magie au studio pour une raison X, on peut toujours tenter de remédier à cette lacune au mixage. Vos trois outils de prédilections sont les égalisateurs créatifs, la distorsion harmonique et la compression.




Pour ce qui est des EQ créatifs, c'est justement la sortie du nouvel EQ de Soundtoys, SieQ, la semaine passé qui m'a donné l'idée de vous parler de ce sujet parce que ça m'a fait redécouvrir une fois de plus toute la pertinence des mids dans un mix. Cet EQ est un outil merveilleux qui combine égalisation créative et distorsion harmonique (drive). Quand je parle d'EQ créatif, c'est essentiellement un outil sur lequel les concepteurs ont déterminé à l'avance quel serait le facteur Q en relation avec la quantité de « boost » ou de « cut ». Les fréquences sur lesquelles on peut agir sont déterminées lors de la conception de l'outil pour leurs qualités sonores esthétiques particulières. À l'opposé de ce concept, on retrouve des EQ chirurgicaux comme Fabfilter Q2 (au-dessus de la pile dans ma boîte à outils), qui permet de faire toutes les courbes possibles, d'une précision sans pareille et sans générer de distorsion harmonique.  Il n'y en a pas un de mieux que l'autre, c'est qu'une question du type d'application que vous voulez en faire.  

Autre plan, la distorsion harmonique permet d'enrichir facilement un signal pauvre. En saturant, on crée de nouvelles harmoniques reliées mathématiquement aux fréquences qui composent le son traité. C'est pas mal exactement ce qu'on aimait dans le domaine analogique. Chaque module/outil/dispositif créent une certaine dose de distorsion harmonique, que ce soit la bande analogique, les pré-amps, les circuits à tube, les circuits avec transformateurs. Quand on superpose plusieurs instances de ces jouets, on bonifie le son d'origine et bonjour le « tone ». L'affaire, c'est qu'il est tout à fait possible de recréer cela dans le domaine numérique à notre époque, il s'agit de savoir comme s'y prendre et d'avoir de bons outils. Ceux qui disent le contraire se font de plus en plus rare et c'est à vous de les faire mentir avec moins de débats et plus de résultats.

Troisième outil pour le "tone", la compression. Parmi toutes les applications qu'on peut faire de la compression, sachez qu'elle peut aussi vous aider mettre d'avantage le focus sur les « mids » dans un son. C'est surtout avec une judicieuse utilisation de l'attaque et du release qu'on peut mettre l'accent sur ce qui nous intéresse. Souvent, on irait avec un attaque semi rapide et release relativement rapide. La tension créée par l'interaction entre le son et le compresseur modifiera la densité du son un peu comme on joue avec la dureté d'une boule de pâte à modeler. De plus, la plupart des compresseurs vont enrichir le contenu harmonique d'un son si on le pousse un tant soit peu.

Avertissement

Attention de traiter un son dans son contexte le plus clair de votre temps. C'est-à-dire, en écoutant les autres instruments de la chanson à mixer. Les 45 minutes que vous allez prendre à faire l'égalisation et la compression d'un snare en solo n'a aucun sens, car une fois mis en contexte ça à toutes les chances au monde de ne pas fonctionner à cause de l'interaction harmonique et dynamique avec les autres instruments. Oui, vous pouvez bonifier un instrument en l'écoutant en solo, mais finalisez le traitement en contexte dans un mix déjà bien balancé. Gardez en tête que nous tentons de créer un ensemble sonore avec de la cohésion où tout est aligné vers le seul but convergent d'exciter les neurones et chaque cellule du petit corps du public à l'autre bout !



Pour un système d'écoute idéal

Au cours des dernières années, j'ai mixé principalement sur mes Focal Twin 6Be. Un genre de classique récent pour ceux qui ne connaissent pas, on les voit souvent passer sur des photos de studio sur le web. Très chirurgicaux, détaillés et transparent. Tout le spectre harmonique est bien représenté, on entend à merveille les effets temporels comme les réverbérations ou les délais. Le seul problème que j'ai fini par percevoir avec ma stratégie de mixage presque exclusivement sur les Focal c'est qu'ayant accès à tellement d'information, j'ai pu avoir tendance à sur-traiter les pistes et porter trop d'attention sur les extrêmes basses et les hautes.


Pour garder le focus sur les mids, j'ai mixé pas mal sur mon Avantone mono qui amène un contrainte. Cependant, il est très difficile de faire des choix d'égalisation et de compression avec ces petits haut-parleurs, car pas assez sensible dynamiquement. Aussi parce qu'on a accès qu'à une partie du low-mid et une partie du Hi-mid. Résultat on a tendance à sur jouer et ça passe mal ailleurs. La stratégie du petit haut-parleur mono fonctionne surtout pour équilibrer les volumes entre les instruments au début du processus de mixage.

Récemment, je crois bien avoir trouvé une combinaison de « monitoring » qui couvre convenablement tous les registres de fréquences avec l'ajout de mes vieux Dynaco A10 (un des meilleurs 150$ payé de ma vie). C'est grosso-modo le même concept que les NS10, une star des studios dans les dernières décennies. Les NS10 de Yamaha étaient essentiellement des haut-parleurs HI-FI destinés à l'écoute. Les mixeurs ont utilisés ces haut-parleurs pour travailler car ils donnaient accès de façon plate mais précise au registre des low-mids, mids et hi-mids. Sans sur-représenter les extrêmes basses et les hautes. C'est un peu la même chose avec mes fidèles Dynaco A10 (à droite).



Ce sont des haut-parleurs HiFi des années 70 au son de velours qui représentent à merveille tout le registre des médians. Ils facilitent la balance de volume des instruments et permettent de faire un peu de travail d'égalisation et de compression. Une fois que le mix se tient dans ces haut-parleurs, je peux passer aux Focals pour un travail de précision.

En bref, je vous suggère au minimum d'avoir une paire de haut-parleur qui vous donne un aperçu fidèle et transparent des mids avant tout. Ce sera déjà ça. Au mastering il sera beaucoup plus facile d'ajuster les balances d'extrêmes basses et les hautes fréquences que de commencer à essayer de corriger du masquage dans les mids ou de compenser pour de mauvaises balances.


C'est fini là?

Je vous entends rouspéter, mais si je fais de l'électro et du hip-hop m'semble que c'est souvent dans les basses que ça se passe, non? Oui, le gros « kick » est de mise j'en convient, mais c'est pas avec un gros kick seulement qu'on fait une bonne pièce mon ami. D'habitude, les voix (mids) vont leader la patente, et le défi est beaucoup plus grand quand il s'agit de placer des voix dans l'espace que de faire sonner un kick électro qui provient d'un échantillonnage. Et souvenez-vous qu'une bonne partie du temps les gens vont écouter votre musique dans un système de son qui représente seulement une partie des mids et très peu de basses.

Bref, expérimentez, amusez-vous et arrêter de complexer parce que vos moniteurs ne coûtent pas le prix d'une demi-automobile.

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1 commentaire:

laborigene a dit…

Autrement dit, apprécier mieux ses "shit box" pour ce qu'elles offrent, parce qu'elle peuvent témoigner un peu mieux de la réalité du rendu à l'autre bout des membranes populaires. Faut juste bien les connaître! ;)

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